samedi 29 avril 2017

Le Pacte

Je ne me souviens de rien :
Dents de lait et premiers pas,
Jours de plage, jeux anciens,
Mon enfance et ses éclats...

Tout s’est volatilisé
Cependant que j’ai vécu :
Le temps s’est vite écoulé,
Avec lui, j’ai tout perdu.

Je me rappelle, pourtant,
Que je leur avait juré -
Mes rêves d’adolescent -
De ne pas les oublier.

Il me semble vaguement
Avoir peiné pour grandir
Et, tout ce chemin faisant,
Trimé pour ne pas mourir

De cette petite mort
Dont ne se contentent pas
Les enfants qui se croient forts.
Ils réclament mieux que ça !

S’il faut vivre, dites-moi :
Pourquoi pas avec panache ?
Libre, aimant, portant ses choix,
Pour mourir sans être lâche !

Alors, j’étais si certain,
J’avais si claire vision...
J’ignorais qu’au lendemain,
Je ne serais plus qu’un pion :

Un anonyme visage
Sur un grand plateau d’échecs
Et de victoires où le sage,
Lui-même, se prend le bec.

Aujourd’hui, je ne sais plus
Ce qui me faisait vibrer ;
En vivant, je m’habitue
Au monde et à sa beauté.

Toutefois, je me souviens
De mon grand désir d’aimer,
De ces quelques mots de rien,
Qu’un jour, je me suis jurés.

Aussi, je signe ce jour
Un pacte entre cet enfant,
Qui fut révolté d’amour,
Et l’homme devenu grand :

Que cet adulte accomplisse
Non des exploits impossibles,
Mais l’amour dont je suis fils...
Voilà notre unique cible !

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