jeudi 30 mars 2017

Madeleine

Comme une madeleine de Proust,
Dont les amandes pleurent autant que le saule,
À grandes larmes vertes...

Ou ces oignons dont on s’occupe,
Qui, épluchés de trop près, arrachent aux soucieux
Des filets d’eau brillants qu’on mêle
À une larme de vin ;

Comme une mouette blanche,
Rieuse jusqu’aux sanglots
Ou comme un crocodile au sourire éclatant
De pointes et de sang,
Qui se noie de chagrin dans des larmes trop grosses ;

Comme une grande biche
Qui au croco et à ses dents
Ne rend que l’œil du Talion,
Arrondi de frayeur, bombé comme une bille,
Sans besoin de compas
Pour mesurer la situation ;

Comme Moscou dont l’œil se balade
Et s’engraisse de beurre noir
Pour devenir plus gros que le ventre de Paris ;
Comme Paris aveuglé d’amour
Par les prunelles d’yeux de ses jeunes gens ;

Comme un soldat difforme,
Tout oreilles et tout regard,
Fixant le froid bien dans les yeux,
Et qui, si jeune, mourra d’audace ;

Comme tous ces drames, tes yeux sont des soleils
Où se noie la pluie de mon cœur.
D’une pierre, tu en fis deux :

Un seul coup d’œil…
Pour un ultime coût du cœur.

Madeleine !

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