samedi 12 avril 2014

Lettre du Ciel

    Mon cher mari, mes chers enfants,
    Vous tous qui m’avez tenu la main, qui m’avez rassurée quand la mort est venue.

    Vous m’aviez montré un tel courage, me cachant vos larmes et vos regrets pour apaiser mon départ. Je me souviens de vos expressions, de vos sourires tremblants d’espérance alors que je m’endormais.
    Bercée par vos paroles confiantes, je vous ai quittés en paix. Savez-vous que vous aviez raison ? Je suis auprès de Dieu, et il n’est aucune joie plus grande que celle qui m’habite à présent. Je ne peux vous décrire le Ciel, car c’est un Royaume d’un autre monde, et vous ne pourriez pas comprendre. On y est heureux, merveilleusement heureux.

    Chaque jour, je suis auprès de vous, pour vivre au milieu de ma famille, partager vos joies et vos peines. Je vous retrouve et mon cœur ne s’arrête pas de vous aimer.

    Jean, toi l’étudiant bon-vivant, fou amoureux de l’insouciante que j’étais, te rappelles-tu les jours de joie que nous avons eus ? Ces vacances avec nos amis, où nous enchaînions les randonnées, les veillées, les camps… Je me souviens de nos déclarations, de tes gestes tendres… Ces gestes qui, plus tard, me rassuraient dans les épreuves.
    Ton dos s’est courbé, tes traits sont fatigués, tes gestes hésitent et se brusquent. Tu te désintéresses de tout, ton regard est si triste que j’en pleurerais si je n’étais auprès de Dieu.

    Vous, mes enfants : Antoine, Valentine, Jacques. Vos prénoms me sont si doux ! Je vous revois comme la première fois. Vos premières paroles, vos disputes et vos rires ont rythmé notre vie de famille. Vous avez été notre respiration, à Papa et moi. J’étais fière, si fière de vous quand vous grandissiez ! Sur mon lit de morte, plus tard, votre volonté admirable m’a aidée à partir plus sereinement.
    Antoine, mon cher aîné, ton acharnement au travail me peine, car il t’enferme dans ton malheur. Ta force, ta poigne si saines se sont muées en une sourde rage que je ne peux plus souffrir.
    Valentine, ma fille unique, nous étions proches et tu n’écoutes plus personne. Tu blesses sans cesse ton père, que j’ai choisi pour vous avec tant d’amour !
    Jacques, enfin, mon cadet bien-aimé, ton père et moi avons fondé beaucoup d’espoir en toi. Je te vois te dissiper, semer la pagaille autour de toi, cumuler les expulsions…

    Chère famille, amours de ma vie, quelle est cette tristesse étourdissante qui coule de vos yeux ? Où est passée votre détermination, votre foi ?
    Nous étions unis, et voilà que notre famille se disloque. Votre chagrin est dur. Mes cris, mes prières ne font rien car vous n’écoutez ni votre mère ni notre Seigneur.

    Levez les yeux, je suis auprès de vous à chaque instant. Je vous aime, je vous console et je mêle mon rire au vôtre. Écoutez-moi, et traversons cette étape ensemble, comme nous l'avons toujours fait. 
    L'Amour de Dieu est infini, soyez ses témoins auprès de ceux qui ne le connaissent pas. Le Royaume est plus beau encore que vous ne l’imaginez.

    Que Dieu vous bénisse et qu’il vous garde sur ses chemins de vérité.

    Maman qui vous aime.

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